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InQuest, un nouveau concept pour citadins en manque d'aventure.
Dans la banlieue de Lille, un nouveau concept de parc de loisirs urbain a fait irruption il y a 2 ans. Décrit comme un mélange de Fort Boyard et de jeu vidéo réel, InQuest veut vous sortir de votre quotidien, et vous plonger dans une mission d'agent secret. Ici les petites et grandes recettes des parcs ont été utilisées, le tout revisité à la sauce Fort Boyard High-Tech. Rencontre et découverte du lieu avec son fondateur, Bertrand Delgrange.


Bertrand Delgrange et sa famille ne sont pas inconnus du milieu des loisirs, son grand-père fonda le parc de Bagatelle en 1955, et son oncle le dirigea jusqu'à sa revente en 2000 à la Compagnie des Alpes (voir notre dossier anniversaire). Bertrand Delgrange ne se cache d'ailleurs pas d'y avoir travaillé plus jeune. Outre sa passion pour les loisirs, et le sport, son CV est également bien rempli : Après avoir eu son bac et fait un séjour aux Etats-Unis, il a travaillé successivement comme chef du rayon légumes chez Auchan, puis co-dirigea une boutique Paul, suivi d'un passage par la case Décathlon. Avant de créer InQuest, Bertrand Delgrange monta une salle d'escalade, Whats'up, située elle aussi dans la banlieue de Lille. Il s'agit d'une des plus grandes salles d'escalade d'Europe. Bien qu'appartenant toujours à son fondateur, son exploitation a été confiée à un gestionnaire.

© InQuest

L'idée de créer InQuest tient dans la volonté de son créateur de proposer un nouveau type de loisirs urbain, différent de ce qu'il se faisait déjà. Créer un produit innovant, qui mêlerait sport, émotions, dépassement de soi, et renforcerait l'esprit d'équipe des participants. Parti d'une idée commune entre amis, pour aboutir en un projet bien réel porté par un passionné, InQuest ne peut se résumer qu'à un "simple" Fort Boyard du 21ème siècle. Il fait appel à des supports existants comme l'accrobranche ou des modules d'aires de jeux "détournés", mais pas seulement. La scénarisation prend ici une place très importante.

Quatre années de réflexion auront été nécessaires à Bertrand Delgrange pour imaginer et concevoir cet incroyable parc. C'est encadré par des équipes de designers, d'architectes, et de cabinets issus du milieu des loisirs que le projet a pu prendre vie. Le financement a été réalisé grâce au fond d'investissement de Michel Leclerc, le fondateur de Décathlon. Mais le lien de parenté avec l'enseigne de sport s'arrête là.

L'embarquement...



Pour participer à l'aventure, 3 conditions sont requises : mesurer au moins 1m50, avoir plus de 12 ans, et être en bonne condition physique. En bref, les grands classiques pour faire un tour de montagne russe. A un détail près, malgré la sécurité du lieu, une décharge est à signer avant de pouvoir participer à la mission. De quoi augmenter la pression sur les plus anxieux.

© InQuest

Tout au long du jeu, car c'est bien d'un jeu dont il s'agit, les épreuves et passages entre les différents mondes sont scénarisés. Nous somme donc loin d'un parcours d'accrobranche ou d'une partie de Laser Game. Une mission vous est attribuée, et vous devez la remplir avec brio ! Pour participer, il vous faut rassembler une bande d'amis ou de collègues, car InQuest s'affronte en équipe de 2 à 5 joueurs. Le commando formé, il faut encore trouver un nom à votre équipe, libre cours à votre imagination : les fritzatomiks, la looze, les grosses gourmandes, ou encore les winners sont passés dans ce lieu... Ensuite, direction la pièce d'embarquement pour recevoir votre combinaison spéciale et une paire de baskets adaptée. Un transpondeur vous est remis (un bracelet équipé d'une puce RFID) qui permet de comptabiliser les points, et de gérer votre évolution dans le jeu. Un chronomètre vous est également fourni, sur lequel il faudra veiller attentivement, au risque de voir sa mission échouée.

Paré et équipé, rendez-vous dans la salle de briefing. L'accès se fait par un escalier, suivi d'un couloir. La mise en ambiance se fait déjà sentir : la lumière du jour a laissé place à la lumière électrisante et à la peinture fluo. La pression monte encore d'un cran. Vous entrez dans des boxes (les salles de briefing), et la machine qui commande le lieu prend le dessus. Ici, un agent virtuel vous explique les consignes, et vous briefe sur la mission à venir, puis vous êtes "lâché" dans le jeu. A partir de maintenant la mission commence, le stress lié à la mise en condition est au plus haut, et le temps commence a être (dé)compté.

4 mondes à traverser



La mission est composée de 4 grandes épreuves, des mondes comme on les appelle ici. Chacun requiert différentes compétences (agilité, réflexion, culture générale, ...), même si dans chacun d'eux un minimum de matière grise vous est demandée si vous souhaitez vous faciliter la tâche et cumuler le plus de points. Au terme de chacun d'eux, des points auront été cumulés, et si les objectifs du monde sont remplis, un ou plusieurs indices vous seront donnés. Ils vous serviront comme à Fort Boyard à trouver le mot clé final.

KeyMaze®

est le premier des mondes. Vous êtes ici dans un gigantesque labyrinthe éclairé à la lumière noire. Avant de vous y engager, des coordonnées à mémoriser vous sont transmises (à la manière du G8, H5, etc... de la bataille navale). Il vous faut ensuite les localiser dans ce dédale dans un laps de temps donné. Une fois le point atteint, il faut répondre à une énigme dont la réponse est une lettre (ex: Quelle est la première lettre de la capitale du Chili ?). Le nombre de coordonnées à mémoriser varie de 1 à 3, en fonction de la difficulté de votre mission. Une fois que chaque membre a récupéré ses lettres, l'équipe doit se retrouver au pupitre de validation, où il faut encore les remettre en ordre pour former un mot. Si vous parvenez à récupérer les lettres, et si vous trouvez le mot qui en découle, le tout dans le temps imparti, vous obtenez un indice pour l'énigme finale. Autant vous dire que le choix de ses coéquipiers est primordial, car un seul "maillon faible", et le mot vous échappe.

Le KeyMaze® et son sas d'accès.
Le KeyMaze® et son sas d'accès.
© InQuest
Un des modules du SpeedSpot®.
Un des modules du SpeedSpot®.
© InQuest


SpeedSpot®

, place à l'agilité et la débrouille. Ce monde est composé de plusieurs modules, un peu à la manière d'une plaine de jeux, mais la référence s'arrête-là. L'objectif ici est de récupérer le maximum de points, en badgeant comme on dit ici, des petits spots de lumière rouge à l'aide de son transpondeur. Chacun de ces spots est dissimulé dans la structure, dans un endroit plus ou moins facile d'accès, et rapportant en conséquent plus ou moins de points. Les agents doivent ainsi s'entraider pour escalader des plots, plonger dans une piscine à balle pour badger des spots dissimulés au fond, ou encore remonter des toboggans et atteindre leur sommet pour badger les spots qui s'y trouvent. Le tout, là aussi, dans un temps donné.
Petite subtilité que nous explique son fondateur lors de notre visite, « A InQuest nous souhaitons privilégier l'esprit d'équipe, ainsi, si les membres restent groupés dans cette épreuve, et badgent collectivement les spots, ils rapporteront plus de points à leur équipe ».

KnowZone®

, le monde de la connaissance. Vivacité d'esprit et culture générale sont demandées aux agents. A l'intérieur de « cocons », des questions sur un thème donné ou en rapport avec le thème de la mission vous sont posées au travers d'un écran tactile. Pour chaque question, 3 réponses sont proposées. Une fois que l'équipe pense avoir trouver la bonne réponse, il n'y plus qu'à toucher l'écran. Les questions sont posées par série de 4, et plus les participants y répondent vite, plus il leur reste de temps pour s'essayer à d'autres séries.

Les cocons de la KnowZone®.
Les cocons de la KnowZone®.
© InQuest
Une des épreuves du WingWay®.
Une des épreuves du WingWay®.
© InQuest


WingWay®

, la partie aérienne du parc, allant de 12 à 17 mètres de haut. A la manière d'un accrobranche, les agents doivent s'aventurer sur différentes épreuves, et sont libres de former leur propre parcours. Des éléments plus ou moins difficiles le jalonne, et des panneaux d'information sur la difficulté informent les agents avant qu'ils ne s'y engagent. Un peu de réflexion vous évitera de vous retrouver en mauvaise posture. Il s'agit sans conteste de la partie la plus sensationnelle du parc, là ou le dépassement de soi est de mise, mais c'est aussi celle qui libérera le plus de dopamine, une des fameuses hormone du plaisir qui intervient après une montée d'adrénaline. Sauf en cas de vertige extrême, une bonne partie de fun en perspective, car même si le côté physique prime avant tous, il y a aussi de l'amusement grâce aux astucieux éléments qui forment ce parcours. Des « surprises » attendent également les agents. Pour n'en citer qu'une, lors de notre visite, un agent s'aventurait sur une des épreuves : le but de celle-ci, traverser une série de planche posée entre deux cordes. Bertrand Delgrange nous montre une des planches, en s'exclamant amusé « celle-ci est piégée », elle s'enfonce sous les pas du visiteur de quelques centimètres. Et effectivement ça surprend, à l'agent de garder son équilibre... et son sang froid ! Un futur fou rire entre amis ?

Vue aérienne du parc et de ses 4 mondes.
Vue aérienne du parc et de ses 4 mondes.
© InQuest


Les 4 mondes franchis, les agents empruntent un toboggan, et atterrissent devant le pupitre de validation finale. Il ne reste plus qu'à résoudre l'énigme à l'aide des indices récoltés. En cas d'hésitation, des indices supplémentaires peuvent être obtenus en échange de points. Et là, le verdict tombe, votre mission est réussie (ou non) après 1h45 à 2h00 d'aventure !

Un peu de technique



© InQuest

Toute la gestion des énigmes et des flux des visiteurs sont pilotés par un système informatique. Ainsi, de la réservation, jusqu'à la résolution de l'énigme finale tout passe par ce système. Ceci permet de suivre l'évolution des participants dans le jeu, de calculer leur score, d'adapter le niveau de difficulté de leur mission, voir de la personnaliser en fonction des souhaits du client. Tout le système a été développé spécialement pour InQuest, ce qui a demandé beaucoup de réflexion, et a nécessité quelques ajustements. Bertrand Delgrange nous confie à ce propos, « il a fallu régler des petits bugs à droite à gauche pendant la première année d'exploitation ». InQuest accueille plusieurs groupes d'agents (maximum 5 personnes) environ tous les 1/4 d'heure, ce qui permet aux visiteurs de ne pas se gêner dans le jeu. C'est ainsi 110 personnes qui peuvent suivre simultanément une mission, pour une capacité totale d'accueil du parc de 200 personnes.

L'autre innovation du complexe réside dans la ligne de vie installée sur la partie aérienne du parc. Contrairement à la majorité des accrobranches qui obligent un accrochage-décrochage entre chaque élément du parcours, ici aucune erreur n'est possible, le visiteur est relié en permanence à une ligne de vie continue. On retrouvait déjà ce principe dans des parcs aventure indoor (comme dans le Center Parcs De Vossmeren en Belgique), ou encore dans la partie junior de certains parcs d'accrobranche. Mais ici il a fallu trouver un système encore plus modulable, car l'accrobranche ne sert que de "support", InQuest c'est avant tout une mission. Il fallait disposer d'un système qui permette au visiteur de choisir son parcours. Un astucieux système d'aiguillage à ainsi été mis au point. Et pour assurer encore plus de sécurité, des harnais spécialement étudiés pour InQuest ont été fabriqués, dérivés de ceux utilisés pour les sauts en parachute. Et tout comme dans le reste du parc, des bornes d'aides reliées au serveur informatique sont disposées tout au long du parcours, permettant aux opérateurs d'aider les visiteurs et de gérer leurs déplacements.

Un mot sur la sécurité. Si la sécurité de la partie accrobranche est réglementée par les normes AFNOR XP S 52-02-1 et XP S 52-902-2, on peut se poser la question pour le reste du parc. Ce sont en fait des normes dérivées de celle utilisées pour les plaines de jeux mais adaptées par un cabinet spécialisé, qui sont utilisées comme normes référentes, concept unique oblige. Le président d'InQuest nous garantie que tout est inspecté régulièrement dans les moindres détails, au boulon près, et chaque jour un contrôle de l'infrastructure est effectué avant l'ouverture au public.

© InQuest


A toutes les sauces



L'enjeu majeur pour les parcs de loisirs est bien sûr d'attirer le visiteur, mais après l'effet découverte passé, il faut réussir à susciter la revisite. A InQuest, la revisite est déjà quasiment assurée : toutes les épreuves ne peuvent pas être réalisées en une visite, il y aussi différents niveaux de difficulté à tester, du facile, jusqu'au difficile, en passant par le niveau moyen. Sans parler de l'envie de battre son propre score, ce qui oblige à revenir pour retenter l'aventure, avec d'autres coéquipiers par exemple. Malgré ces atouts, InQuest est un concept qui souhaite évoluer, s'améliorer, et prendre le devant sur une éventuelle lassitude. Là aussi, les recettes des grands parcs de loisirs ont été adaptées.

D'abord la personnalisation, une des grandes tendances d'aujourd'hui et de demain. Outre la difficulté de la mission qui peut-être choisie, le thème des quiz peut également être personnalisé, soit en fonction d'un événement, mais aussi grâce à la mission du mois. Le parc met en place chaque mois une série de questions en fonction d'un thème pouvant coller à l'actualité, la mission spéciale du mois d'août était sur les Jeux Olympiques par exemple.
C'est sur ce principe qu'a été mis en place le School Challenge : Les professeurs peuvent emmener leur classe à InQuest, et donner une liste de questions en rapport avec leurs cours, lesquelles seront entrées dans le système informatique, puis posées lors de l'épreuve sur la connaissance. Une manière ludique d'apprendre, tout en permettant au parc de diversifier son public.
Mais bientôt, la personnalisation ira encore plus loin « le briefing pourra être personnalisé, et collé au plus près de l'événement des participants, comme lors d'un enterrement de vie de garçon par exemple », nous explique Bertrand Delgrange.

Des événements sont également organisés. « L'année dernière on a organisé une soirée BlackNight, on a éteint les lumières, et distribué des bâtons fluorescents aux agents. Ils devaient alors avancer à tâtons et manipuler le bâton avec agilité car ils ne savaient pas où ils avançaient », raconte le président. Une soirée Music Quest a aussi été proposée, de quoi ponctuer la vie du parc.

La partie restauration/reservation du parc, ouverte à tous.
La partie restauration/reservation du parc, ouverte à tous.
© InQuest


Pour apporter encore plus d'interactivité, et renforcer la communauté InQuest, un jeu vidéo en 3D en lien avec le parc est prévu. Une idée pas bête du tout, qui permettra au parc de maintenir le lien avec ses visiteurs une fois la mission terminée, et ne pas se faire "oublier". Pour augmenter cette complémentarité, « des pièces secrètes dans le jeu pourront être déverrouillées si le joueur atteint un certain score dans le jeu réel, cumulé avec ses performances dans le jeu virtuel », raconte Bertrand Delgrange. [Ce genre d'opération visant à garder le contact avec ses clients, a déjà eu des précédents. On peut notamment citer le plus connu des Tour Operateurs, le Club Med, qui avait ouvert le Club Med World à Paris, pour garder le contact avec ses clients entre deux vacances.]

Bertrand Delgrange promet également du changement au sein du parc. Naturellement, « la structure peut évoluer, les panneaux du KeyMaze peuvent être déplacés, les modules du SpeedSpot peuvent être remplacés, et même les épreuves du WingWay sont déplaçable ». Mais 2009 verra surtout l'arrivée d'un nouveau monde, une nouvelle qui risque de plaire aux aficionados d'InQuest. Même si il ne peut pas pousser les murs, quoi que, Bertrand Delgrange nous en explique le principe tout en nous montrant son futur emplacement : « Nous allons redisposer les boxes de la KnowZone en ligne (ndlr: elles sont actuellement en étoile), là où sont posées les questions de culture générale, et ainsi récupérer 250m². C'est sur cet emplacement que prendra place le nouveau monde. Mais je ne peux rien vous dire, Il s'agit d'une activité inédite en France, inspirée d'une idée vue aux États-Unis ! ». Mystère, l'intéressé n'a donc pas voulu nous répondre, mais les agents risquent d'apprécier.

© InQuest


L'avenir du concept



Outre les évolutions du prototype, et la mise en place de ce lien réel/virtuel, InQuest ne compte pas s'arrêter aux portes de la métropole lilloise. D'entrée, son fondateur nous expliquait : « InQuest Villeneuve d'Ascq, c'est la version prototype, qui s'étend déjà sur 3.000m² au sol, et presque autant pour la partie aérienne. Le prochain parc, dont l'installation est prévue à Paris, sera plus grand et plus abouti. On a appris des 2 années d'exploitation du premier site ! », « Nous réalisons régulièrement des enquêtes d'opinion, et 95% des interrogés sont satisfaits de leur visite », continue Bertrand Delgrange, content du succès rencontré par le parc lillois.

En attendant l'ouverture du site parisien en 2010, InQuest a fêté ses 2 ans le 17 octobre dernier. Une soirée BlackLight a été organisée pour fêter l'événement. Et en guise de cadeau, un laser a été installé au centre du parc, de quoi mettre encore plus d'ambiance dans les missions, et en faire voir de toutes les couleurs aux futurs agents secrets.

Tous les renseignements pratiques, et plus encore, sur le site officiel : www.inquest.fr

Rédigé par Jonathan Lutaster

Remerciements à Bertrand Delgrange pour son accueil.
Les photos sont soumises à copyright. INQUEST ® est une marque déposée.

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