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SCHWARZKOPF, un nom attaché à une signature bien célèbre dans le monde forain et dans celui des parcs de loisirs. Montagnes russes, flat rides, trains fantômes, grande roue ... tous ces manèges ont flirté avec la main et l'imagination de ce designer d'attractions célèbre. Durant plus de trois décennies, Anton Schwarzkopf a révolutionné le monde de l'industrie des loisirs avec des créations repoussant toujours un peu plus les limites technologiques de l'époque. Même quelques années après sa mort, ses inventions sont mondialement reconnues, et continuent de divertir les foules. Rétrospective sur ses plus belles réalisations.

Partie 1 : La Vie du Rail

La Vie du Rail



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En 1924, Anton Schwarzkopf naît à Behlingen en Allemagne. L'année suivante, son père ouvre un atelier de réparation de voiture et débute dans la construction de bus puis se spécialise petit à petit dans la construction de caravane pour forains. En 1939, le conflit mondial éclate, Anton doit prendre la relève de son père parti à la guerre. De 1943 à 1946 Anton part au front et est fait prisonnier par l'armée américaine à Montecassino en Italie le 26 mars 1946. La guerre terminée, les choses vont s'accélerer : de 1948 à 1955, 35 véhicules de cirque sortent de la fabrique familiale. 1954, marque l'entrée de Schwarzkopf dans le monde des parcs de loisirs : il reconstruit des attractions en bois en utilisant de l'acier, dont un "Palais du Rire" pour une famille foraine de Münich, les Willenborgs, et un train fantôme à deux niveaux pour les Löffelhardt.
En 1955, l'entreprise est "sur les rails" avec sa première attraction sur rails le Düsenspirale (Jet Spiral). C'est la première structure entièrement construite par Anton Schwarzkopf. En 1964, la construction de la première montagne russe en acier, aussi connue sous le nom de Super 8 ou Wild Cat estréalisée pour un forain allemand, puis les premières ventes à l'étranger s'enchaînent : un rollercoaster en Suède au parc Liseberg, un autre aux Etats-Unis.

Le reste des aventures de Schwarzkopf est une longue histoire que nous allons vous conter au fil de ses réalisations.

La "RollerCoaster Attitude".



La célébrité d'Anton Schwarzkopf tient pour une large part dans ses montagnes russes en acier qui restent encore aujourd'hui spectaculaires. D'un point de vue quantitatif, elles représentent ses plus grandes ventes. Pour l'époque, elles étaient particulièrement innovantes : premiers loopings, et systèmes de propulsion étaientde vraies prouessestechniques.

Le Bayernkurve, le Gebirgsbahn et le Grand-Canyon-Bahn

Certainement l'attraction qui a rencontré le plus de succès produite par Schwarzkopf : de 1964, date à laquelle l'attraction fut commandée par la famille Distel de Munich, jusqu'à 1978, 50 modèles se sont vendus dans le monde, et la majorité d'entre eux est toujours en opération aujourd'hui. Le Bayern Kurve consiste en une voie circulaire sur laquelle se déplace 16 voitures attachées les unes aux autres. La vitesse et la disposition des passagers assis les uns derrière les autres et non côte à côte, font de cetteréalisation une attraction unique.

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Les pentes et les grottes d'une imposante montagne dressent le décor d'une petite ville du far-west, et d'une attraction longue de 1500 mètres construite en 1974 pour le parc Phantasialand en Allemagne. Les voies de cette montagne russe s'entrecroisent dans un dédale de cavernes, et offrent une vue imprenable sur la cathédrale de Cologne et les montagnes du Siebengebirge au loin.

Le point de départ du Gebirgsbahn (Le train de la Montagne) culmine à 18 mètres de haut, au sommet d'un viaduc fait de planches en bois, similaires à celles utilisées dans le village en contre-bas. A une vitesse lente, puis à toute allure, le train pénètre dans le tunnel creusé à même une (fausse) roche avant de plonger inévitablemen dans un canyon. Après une tumultueuse progression entre creux et bosses, le train rencontre le Grand-Canyon Bahn, arrivant dans la direction opposée pour simuler une collision. Cette deuxième montagne russe rencontrée n'est pas aussi haute que la première, mais est tout aussi rapide.

En 2002, suite à un malheureux incendie n'ayant causé aucune victime, ces deux montagnes russes ont disparu, emportant avec elles le premier concept de "train de la mine" repris en 1979 par les parcs Disney, et de "duelling coaster" repris depuis seulement une dizaine d'années (Dueling Dragons à Universal's Adventure Island, wooden coaster Busch Gardens Tampa...)

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Alpen Blitz

Thématisé d'après une chaîne de montagnes enneigées, l'Eclair des Alpes est un train rapide, mieux connu sous le nom de Tokaido. Les deux versions existantes de cette montagne russe ont la même longueur, mais diffèrent par leur hauteur de voie. De plus, les deux trains connectés de la première version sont remplacés par deux train de 10 voitures, chaque convoi étant équipé de deux unités motrices (une qui pousse, l'autre qui tire), et de barres de sécurité dans chaque wagon. Le premier modèle d'AlpenBlitz fût commandé en 1974 par les Robrahn de Brême, puis suivirent d'autres exemplaires en majorité pour des fêtes foraines, qui sont maintenant implantés dans des parcs de loisirs permanents : Edenlandia à Naples, Play Centre à Sao Paulo, Gorky Park à Moscou, et un autre en Angleterre.


Major Coasters : du chiffre 8 au triple looping.



Achterbahn (Grand Huit)

Ce genre de montagne russe, en plus d'être la première montagne russe métallique construite par Schwarzkopf, fut aussi la première à être installée dans un parc de loisirs. Crée en 1964 pour les forains Shippers et Van de Ville de Hamburg pour leur tournée en Allemagne, l'attraction a vite trouvé sa place au parc Liseberg (Suède). Etant donné son succès durant les treize années à venir, 18 modèles ont été fabriqués pour les parcs permanents et les fêtes foraines (dont l'Oktoberfest de Münich). L'Achterbahn a la forme d'un 8 - d'où le traditionnel nom de Grand 8 pour désigner une montagne russe ! - et possède une structure entièrement en acier, et non en bois, lui conférant une plus grande souplesse de mouvements comme des sections en spirale. Bien que possédant des caractéristiques novatrices pour l'époque, ce modèle est assez "mou" comparé à ce que Schwarzkopf a pu faire plus tard.

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Jet Star 1

Commandé pour la première fois en 1969 par Steindl pour le Prater de Vienne, cette montagne russe est sortie des usines bavaroises de Schwarzkopf jusqu'en 1980, en une douzaine d'exemplaires.




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Jet 400 City Jet

La principale originalité de ce roller-coaster construit entre 1972 et 1976 est qu'il présente une tour centrale alimentée électriquement qui peut servir de grue pendant le montage de la structure, et qui sert également de lift pour la première montée en fonctionnement normal de l'attraction. C'est un modèle plus compact que son prédécesseur. Les cinq exemplaires vendus -tous des modèles forains - sont actuellement en opération dans plusieurs parcs de loisirs permanents, dont Nigloland en France, Lightwater Valley en Angleterre, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, et aux Pays-Bas.


Speedracer

La première version de cette attraction à grande vitesse, aussi appelée Big Bend, a été créee en 1973 pour répondre aux besoins fonctionnels et esthétiques du parc Six Flags Over Texas (U.S.) Une structure similaire à celle du Jumbo Jet, cependant moins compact., qui offre des virages en hélice très inclinés. Au total, six exemplaires ont été construits, quatre d'entre eux sont destinés pour des parcs américains. Aujourd'hui, trois modèles sont encore en fonctionnement au Kuwaït et en Argentine.


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Le Looping Racer

Qui n'a pas en tête l'image du traditionnel looping à la manière Schwarzkopfienne ? Le Looping Racer, crée par Schwarzkopf en 1976 est sans aucun doute le modèle pionnier qui marque le début d'une nouvelle ère "révolutionnaire" pour l'industrie des loisirs. Il s'agit de la première montagne russe moderne avec un looping (il faudra attendre 1983 pour en avoir un en France, à Ok Corral, dans les Bouches-du-Rhône).

Construite pour le parc Magic Mountain en Californie, The Revolution -aucun autre nom n' aurait été plus adéquat !- est l'une des applications les plus étonnantes des lois de la physique au monde du divertissement. Sa forme non circulaire - les mathématiciens appellent ça une clothoïde - diminue considérablement les sensations d'écrasement en entrée et en sortie du looping, qui auraient été physiologiquement insupportables pour les passagers dans un looping circulaire. L'année suivante, un deuxième exemplaire, le Sooperdooperlooper est installé sur la côte-est des Etats-Unis au parc Hershey en Pensylvanie. En 1978, le premier modèle transportable avec looping parcourt les routes d'Allemagne, suivi par la production de deux autres modèles pour parcs permanents, à Hansa Park en Allemagne en 1978 et à Bush Gardens Florida en 1981.


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Shuttle-Loop

Comment créer des sensations détonnantes dans un minimum d'espace ? Le Shuttle Loop applique un concept simple mais efficace : un train lancé sur une voie non fermée, dans un mouvement de va-et-vient. La vitesse y joue un grand rôle : les passagers passent de 0 à 80 kilomètres par heure en 4.2 secondes. Les 4 premiers exemplaires vendus sur les 12 entre 1977 et 1981 utilisaient un contrepoids pour lancer le train, les modèles suivants ont adopté -et ce jusqu'à aujourd'hui- le système dit du "volant d´inertie", masse circulaire tournante à grande vitesse dont l'inertie permet la mise en mouvement rapide du convoi. Des modèles transportables ont été crées pour les fêtes foraines (dont le Loop Vienna qui apparut à l'Oktoberfest de Münich) et des modèles permanents pour les parcs de loisirs aux Etats-Unis, en Belgique, au Japon, en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud, au Mexique et au Brésil.
Le système de propulsion des trains est resté révolutionnaire pendant de nombreuses années, jusqu'à ce que des lancements par LIM (Moteur à Induction Linéaire) équipent ces montagnes russes

Le fly-wheel, comment ça marche ?



On peut relever la description du fly-wheel dans un brevet de Schwarzkopf du 31 janvier 1977. Quelques détails ont été modifiés, mais voici une partie du brevet original.

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Un moteur (44) est relié par l'intermédiaire d'une courroie (45) et d'un limiteur de couple (ou embrayage glissant) (46) à un volant d´inertie. Le volant d´inertie est connecté à un embrayage pneumatique (48) et à une boite de vitesse (49) qui fonctionne comme un réducteur de vitesse sur l'arbre de la poulie (9) autour de laquelle s'enroule le câble tracteur. Un automate (50) contrôle l'embrayage (48) associé à la poulie tractrice, le frein (42) et un moteur auxiliaire (43), qui sont associés à la poulie de mise en position du véhicule pousseur ou pusher (6).
Lorsque celui-ci est situé derrière le train l'automate désactive les freins de la gare (38) et active l'embrayage (48) qui s'accouple avecle volantcontinuellement tournante, qui entraîne la poulie tractrice (9) en rotation, et crée alors une accélération du train. La vitessedu volant d´inertiediminue alors du à la puissance nécessaire fournie pour le déplacement du train : le limiteur de couple mécanique est actif dès que la vitesse de la roue tournante est inférieure à 872 tours par minute. Un capteur de vitesse indique à l'automate de débrayer l'embrayage (48) .

Une fois l'embrayage (48) désactivé, la poulie tractrice (9) et le pusher sont stoppés par freinage (42). Pendant ce temps, le train a atteint sa pleine vitesse et parcourt la voie. Le frein (42) est relâché, et le moteur auxiliaire (43) déplace le pusher jusqu'à la gare. Le câble du pusher est stoppé une nouvelle fois par le frein (42). Lorsque le train est de retour en gare, le frein (42) est relâché, et le moteur (43) est alimenté quelques secondes pour se remettre en position initiale de départ. Et pendant ce temps, le moteur (44) tournant en permanence, a réétabli à sa vitesse maximale de rotation du volant d´inertie

La durée de l'accélération dépend de la pression dans l'embrayage (48). Plus la pression est forte, plus le départ est rapide.

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Il est remarquable de lire dans ce même brevet qu'Anton Schwarzkopf envisage déjà à l'époque de remplacer ce système par une propulsion à moteurs linéaires. Une technologie qui a été reprise bien des années plus tard. Décidemment, toujours en avance sur son temps.

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Doppel-Loop

La première version de rollercoaster doté d'un double looping pour parc permanent a pris place à Six Flags Over Texas en 1978 ; la version transportable est crée en 1979 pour un forain de Bonn.. La même année, un autre modèle est installé à Portopialand (Kobe) au Japon, mais au final, la majorité des exemplaires est allée aux Etats-Unis.



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Looping-Star

Quelle différence avec le Looping Racer ? Ce modèle transportable crée pour la première fois en 1978 pour les forains Kinzler et Bruch possède en fait un looping plus haut. Les wagons sont menés au sommet du lift toujours par le système traditionnel de chaîne. Sept exemplaires sont sortis des usines Schwarzkopf, tous des modèles forains, pour la foire de Düsseldorf, pour les Pays-Bas au parc Slagharen, à Bobbejaanland en Belgique (disparu en 2002), à Liseberg en Suède. etc.


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Doppel Looping

Construit seulement en trois exemplaires transportables au début des années 80, ce n'est que plus tard que le Doppel Looping a trouvé sa place dans les parcs de loisirs. Le côté "compact" de l'attraction montre tout le savoir-faire requis pour la conception de cette attraction : 2 loppings, chacun d'un diamètre de 14 mètres, construits dans un espace au sol réduit. Les 3 modèles sont à présent aux Etats-Unis.



Silber-Pfeil

Commandée par Robrahn de Brême, cette montagne russe avec looping est le modèle le plus abouti en terme de compacité et confirme la théorie que le niveau de divertissement garanti par une attraction n'est pas synonyme de taille. Plus petit que son grand frère le Looping-Star, construit 2 années plus tôt, le Silber-Pfeil occupe 65*28 mètres contre les 77*31 mètres de son aîné, et le diamètre de la boucle est réduit de 14 à 12 mètres. 3 modèles ont été vendus : un modèle transportable pour l'Allemagne, un modèle pour le parc de M.Bemboom en France (Ok Corral), et un autre aux Etats-Unis, à Busch Gardens Tampa, nommé Scorpion.

Münchner Bahn

Conçu en 1982 pour l'Oktoberfest de Münich, ce modèle transportable long de 760 m possède deux voies sous tunnel, un élément très novateur pour l'époque, qui ajoute du piment à l'attraction avec des passages "dans le noir".

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Jumbo V

Comme pour beaucoup de ses semblables de l'époque, le thème de l'espace et des voyages intersidéraux a inspiré la thématisation de ce modèle particulier de Super Huit. Crée en 1983 pour les Kinzler (Allemagne) à l'occasion de l'Interschau de Munich, ce fût un des derniers modèles à succès crée par Schwarzkopf


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Dreier-Looping

La première version transportable de cette montagne russe à 3 inversions a été mise au point pour l'Oktoberfest de 1983. Il s'agit de la dernière montagne russe mise au point par Anton Schwarzkopf. Une version fixe de ce coaster, le MindBender, se trouve au West Edmonton Mall, parc couvert au nord du Canada.


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Katapult

Comment résumer sur moins de 100 mètres, tout l'intérêt d'une montagne russe à looping ? En ne faisant qu'un looping sur 100 m de rail pardi ! Ce modèle de montagne russe super-compact a été construit en 5 exemplaires entre 1980 et 1982. Les sensations se concentrent dans le looping à 20 m de hauteur, après une brève accélération provoquée par une "flywheel'.




Zoom sur Lisebergbanan



Le Lisebergbanan est dans le top 10 des rollercoasters les plus longs d'Europe depuis le 25 avril 1987. La voie longe la colline sur laquelle est bâti le parc de Göteborg en Suède : Liseberg. Un lift de 85 mètres de haut, suivi d'une série de boucles horizontales, de deux hélices, et d'un chiffre 8, voilà ce que réservent cette montagne russe aux visiteurs, dans un décor très verdoyant... tellement verdoyant qu'il cache la voie en aval du train, offrant aux passagers des suprises à chaque virage.

L'attraction a coûté quelques 10 Millions d'Euros. Le Lisebergbanan est une montagne russe classique conçue par Schwarzkopf et frabriquée par BHS/Zierer. Toutefois, l'attraction se démarque des modèles précédents par un sytème d'amortissement qui assure un voyage tout en douceur. La supension est assurée par un mécanisme spécial fait de coussinet en gomme placé entre la voie et les supports de voie. La voie "épouse" les mouvements du train, avec un léger balancement, un peu comme un wooden coaster. Tous les trains sont équipés de système électronique Siemens.

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Zoom sur Zonga



De nombreux amateurs de rollercoasters considèrent Zonga comme le chef-d'oeuvre du maître reconnu Anton Schwarzkopf. A l'origine acheté par le forain allemand Oscar Brush, cette montagne russe à 4 loopings de 1120 mètres de long a commencé sa carrière sous le nom de Thriller le 17 mars 1986 dans une foire de Fribourg en Allemagne. Après avoir sillonné les routes d'Allemagne pendant 11 ans, ce coaster a trouvé place à Six Flags Astro World, Houston, et rebaptisé Texas Tornado. Démonté en 2002, il est réinstallé à Six Flags Marine World, Vallejo, en Californie, sous le nom de Zonga en avril 2003.

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Une histoire sans fin



Jusqu'à sa mort le 30 Juillet 2001, la contribution d'Anton Schwarzkopf dans l'ascenscion des montagnes russes à leur plus haut rang est inestimable. De modèles uniques en modèles techniquement époustouflants, Schwarzkopf s'inscrit dans la droite ligne des LaMarcus Adna Thompson et Miller qui, en 500 ans d'existence des montagnes russes, ont marqué d'une pierre blanche leur évolution. Des montagnes russes mémorables à l'allure rarement égalée. Surprenant.

Simon Bourlet

Les illustrations sous tous droits réservés Schwarzkopf. et ont été reproduites avec autorisation. Remerciements au site Schwarzkopfcoaster.net

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