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Une équipe au service de la magie créatrice.
Men In Black : the Ride, Templo del Fuego, Fiestaventura... des attractions et des spectacles mondialement reconnues. Derrière ces créations se cache une entreprise américaine basée en Californie : Thinkwell. A l'image du Penseur de Rodin - leur emblème - , Thinkwell pense, crée, met en scène et réalise des attractions et des spectacles qui repoussent sans cesse les limites de l'imagination des visiteurs-spectacteurs. Rencontre avec deux des fondateurs de l'entreprise : Craig Hanna et François Bergeron.


Craig Hanna est un des fondateurs et directeur de la création au sein de Thinkwell. Pendant 6 ans il a été Directeur du développement des attractions à Universal Studios. Il conçoit alors l'attraction Men In Black, le premier dark-ride interactif proposant des fins multiples, avec Will Smith et Rip Torn en vedette. L'attraction est récompensée en 2001 par un THEA Award pour la meilleure attraction.(équivalent des Oscars® dans les parcs de loisirs). Il conçoit également l'attraction Twister à Universal Studios Florida. Plus récemment, il a été directeur artistique du Templo del Fuego, une nouvelle "attraction extrême" au parc Port Aventura où il a travaillé pendant trois années. Durant ces années, il signe le spectacle nocturne FiestAventura qui remporte lui aussi le THEA Award du meilleur spectacle vivant. Craig a travaillé dans les secteurs de développement créatif pendant plus de 14 ans dans des companies aussi prestigieuses que Iwerks Entertainment, KBD Innovative Arts et Jack Morton Productions. Craig travaille sur des projets originaires de 10 pays différents commandés par des clients divers tels que Coca-Cola, Motorola, Disney, Anheuser-Busch et bien d'autres. Il est l'inventeur de trois brevets d'attractions et a co-crée la première simulation de jeu vidéo.

Francois Bergeron est originaire du Canada. Il quitte le Québec en 1989 et rejoint le Cirque du Soleil. Récompensé par le magazine "Entertainment Design"par le prix du "Designer sonore de l'année", il a conduit de nombreux développements audio et techniques pour de multiples projets comme le planétarium Hayden à New-York, les magasins de la "Nike Town" à Londres, Berlin et New-York, l'EFX à Las Vegas, la Science City à Kansas City dans le Missouri, Templo del Fuego pour Universal Studios Port Aventura en Espagne, et les spectacles vivants et nocturnes à Tokyo Disney Sea. Francois a été le directeur technique des tournées du Cirque du Soleil, notamment sur les spectacles Saltimbanco et La Nouvelle Expérience. Mais le vrai travail de François au sein du Cirque du Soleil est consacré à la réalisation sonore des spectacles "O" à l'Hôtel Bellagio de Las Vegas, de "La Nouba" à Downtown Disney à Orlando, et de "Quidam", "Saltimbanco" et "Varekai" qui tournent à travers le monde.

Simon Bourlet : Pour présenter votre entreprise à la plupart des lecteurs qui ne connaissent pas Thinkwell Design, comment décririez-vous brièvement le travail de vos équipes ?



Craig Hanna : Thinkwell est une entreprise chargée de la production et de la conception d'expériences uniques vécues par un visiteur. Notre équipe est composée d'une élite très expérimentés d'artisans, de techniciens, de designers qui participent à la création de nos nombreux projets à travers le monde.

S.B : Combien de personnes travaillent pour Thinkwell Design ?



Craig Hanna : Thinkwell ressemble un peu à une compagnie de production cinématographique. Il y a une équipe de base composée d'un personnel qualifié. Nous complétons cette équipe par des intervenants extérieurs adaptés au projet sur lequel nous travaillons. Notre équipe présente plusieurs corps de métier allant du concepteur technique au responsable de projets, de l'artiste à l'ingénieur industriel, du maquettiste graphique au programmeur, du producteur au concepteur sonore...

François Bergeron : L'équipe de base (core group) est composée de quatres propriétaires: Craig Hanna, Cliff Warner, Joe Zenas et moi; François Bergeron. Nous sommes entourés d'une douzaine d'employés permanents ainsi que d'un cinquième partenaire, Victor Cavaller, responsable chez Thinkwell Europa. Lorsque Universal Creatives a décidé de déménager ses bureaux de Los Angeles à Orlando, plusieurs personnes, ne voulant pas déménager en Floride se sont jointes à nous.

S.B : Quelles sont les principales qualités pour faire un tel métier ?



Craig Hanna : La réponse à cette question est délicate parce que les qualités nécessaires à un projet sont différentes d'une réalisation à l'autre. Ecouter les clients, comprendre leurs objectifs et avoir de l'expérience pour résoudre leurs problèmes sont des qualités-clef. A partir de là, choisir le talent adapté au besoin est la clef. Ne pas avoir de doute quant à la solution apportée, atteindre notre but jusqu'à la satisfaction du client, et s'occuper de chacun des projets avec passion, sont tout aussi importants.

F.B : Le résultat ultime de chacun de nos projets est taillé sur mesure par le type de gérance tenue par Thinkwell et le travail des artisans spécialisés que nous engageons selon les besoins spécifiques de chaque projet.

S.B : Quelles sont les grandes étapes d'un projet de création d'attractions ?



C.H : On commence par cerner ce que désire le client. (thème, capacité, objectifs démographiques), on choisit un type d'attraction qui ne correspond à aucune autre attraction déjà présente dans le parc, et on commence à créer une histoire (storyline) qui fonctionne avec le système. Ou alors, on mélange toutes ces étapes, pour au final, obtenir le même résultat !

S.B : Vous avez travaillé avec les plus grands parcs comme Disney et Universal. Y a t-il une manière différente de travailler avec ces deux groupes ?



F.B : Principalement par le type de clientèles à qui ils s'adressent. Même au niveau de chacun des parcs, il y a une différence. Disneyland et Universal Hollywood s'adresse à un public local alors que EuroDisney, DisneyWorld et Universal Florida s'adressent plutôt à un public national et international. Le type d'approche diffère largement de public en public.


Templo del Fuego (Port Aventura) : quand le "coup de feu" inspire l'aventure.



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Templo del Fuego : une sécurité optimale.
Templo del Fuego : une sécurité optimale.
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Des décors confiés à l'entreprise Ateliers Artistiques du Béton.
Des décors confiés à l'entreprise Ateliers Artistiques du Béton.
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S.B : Votre réalisation la plus connue en Europe est certainement Templo del Fuego (attraction recompensée aux THEA Awards en 2002), mélant effets spéciaux pyrotechniques, aquatiques et performance live d'acteurs. Quelle a été la principale difficulté technique liée à ce show ?



C.H : Plusieurs complexités ont dû être prises en considération pour ce spectacle. La plus importante était bien évidemment la sécurité. Mettre en sécurité le public était de première importance, tout comme garantir la sécurité de l'acteur : deux objectifs aussi complexes l'un que l'autre à tenir ! L'équipement plongé dans l'eau au pied du Temple est un réseau complexe de pipe-lines utilisés dans l'industrie pétrolière en Arabie. Arranger ce réseau avec d'autres effets (aquatiques, pyrotechniques et automatiques) est un gigantesque puzzle.

F.B : La sonorisation dans un temple avec des flammes et un débit d'eau infernal... Aussi étonnant que ça puisse paraître, les systèmes de sécurité utilisés proviennent en général de manufacturiers opérant dans le domaine de la restauration. La sécurité étant très importante, Templo Del Fuego requière une redondance mécanique mais aussi un opérateur qui analyse les systèmes à chaque seconde. La plus grande difficulté est de faire un échange d'air complet toutes les 30 secondes afin de garder une pureté d'air adéquate lors d'explosions (contrôlées) de gaz naturel.

S.B : Combien cela a-t-il coûté ? Combien d'années de préparation ? Pourrait-on voir cette attraction dans un autre parc Universal dans le monde ?



C.H : Universal ne révèle jamais ses budgets. La conception a duré 9 mois avant que nous puissions commencer la construction et la fabrication. L'attraction pourrait facilement être transposée dans d'autres parcs.

F.B : L'éducation reçue par l'entremise de ce projet nous permet de développer des concepts « extrêmes » utilisant le feu et l'eau mais en respectant des principes fiscaux viables pour les parcs d'attractions dits « régionaux ».

S.B : Les décors de Templo del Fuego ont été confiés à l'entreprise française Atelier Artistique du Béton. Combien d'entreprises ont travaillé sur cette attraction ?



C.H : Il y a eu 24 entreprises impliquées dans la création de Templo del Fuego, à la fois européennes et américaines. L'Atelier a été retenu pour l'excellente qualité de leurs créations et leur expérience dans le domaine.

S.B : Est-ce que l'eau est un élément complexe à introduire dans ces spectacles ?



C.H : L'eau constitue toujours un challenge pour ces shows. Il faut porter attention à la sécurité, et les installations doivent subir l'action de l'eau.

S.B : Quelle est la durée de vie moyenne d'une telle attraction ?



C.H : Nous concevons et produisons des attractions pour qu'elles puissent durer environ 15 ans. Mais nous espérons qu'elles restent éternellement populaires.


S.B : L'attraction usant énormément d'effets pyrotechniques, quels sont les systèmes garantissant la sécurité des visiteurs ?



F.B : Parce que Templo del Fuego allait avoir une longue vie dans un parc régional, le budget ne permettait pas de faire de la recherche et du développement de nouvelles technologies en matière de sécurité. La seule demande était que la sécurité du public et des acteurs ne devait jamais être remise en cause. De plus, Personne chez Universal ne voulait léguer un système difficile d'entretiens pour l'équipe espagnole. Le système mis en place utilise beaucoup de pièces standard, qui se retrouvent dans les grands restaurants et hôtels du monde entier. Certaines pièces sont utilisées de façons moins conventionnelles mais elles sont toutes testées, légales et très sécuritaires. C'est aussi simple que ça : une utilisation judicieuse de produits que l'on retrouve facilement dans le domaine de la restauration.


Que le spectacle commence !



S.B : Comment vous sentez-vous lors de la première présentation au public d'une de vos réalisations ? Ressentez-vous le même stress qu'un acteur avant d'entrer sur scène ?



C.H : Le trac est bien plus important que celui ressenti par un acteur, parcequ'un acteur n'a pas dépensé des millions d'euros pour donner vie à son spectacle. Nous avons un dicton ici : « On oublie vite un mauvais film après un week-end, une mauvaise attraction peut hanter votre esprit bien plus longtemps ! » Si une attraction comporte des erreurs, il est beaucoup plus difficile de les réparer comparer à une pièce ou un film testés en avant-première. Notre expérience et notre instinct nous font croire que nous faisons quelquechose qui va plaire au public, mais en fait nous ne sommes pas certains du succès jusqu'à ce que les portes de l'attraction s'ouvrent pour accueillir le premier public . Dans le cas du Templo del Fuego, une "standing ovation" ponctue chaque représentation, même maintenant, après trois années d'exploitation. C'est vraiment gratifiant.

S.B : Quel type de Show Control avez-vous l'habitude d'utiliser ?



F.B : Plusieurs facteurs entrent en jeu lors de la sélection d'un système de « show control » le niveau requis, le temps de programmation nécessaire, la disponibilité du personnel de programmation, l'intéraction avec la sonorisation, l'éclairage, les décors, etc. ainsi que le budget (évidemment !).


Quand apprentissage rime avec divertissement.



S.B : Anciennement située à Universal Studios Florida, l'exposition "The Mummy : Journey of the Dead" menait les visiteurs dans l'univers d'un musée égyptologique. Cette thématisation est identique à celle que propose la nouvelle grande attraction de Universal Studios Florida. Certaines de vos créations ont elles été incluses dans cette attraction ?



C.H : Thinkwell n'a pas participé à la réalisation de la nouvelle attraction The Mummy, the ride à Universal Studios Floride ou Univeral Studios Hollywood. Il faut également remarquer que The Mummy: Journey of the Dead est une animation éducative, conçue pour se déplacer de musées en musées, développée par Thinkwell, et n'est associé en aucun cas à ces nouvelles attractions.

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S.B : Vos expositions (Jurassic Park Tour, The Mummy : Journey to the Dead) allient l'éducatif et le ludique (l' "édutainment"). L'édutainment est une mode en France, et en Europe notamment en matière de parcs de loisirs. Pensez-vous que l'on a à faire à une nouvelle ère de parcs ?



C.H : C'est une nouvelle ère à la fois pour les parcs et les musées. Les parcs veulent élargir leurs offres en incluant de nouveaux éléments à l'expérience vécue par le visiteur, satisfait d'avoir appris de nouvelles choses tout en s'étant diverti pour le même prix. L'éducatif est une bonne chose pour l'attrait que peut avoir un parc. Les musées doivent se battre avec Internet, les films, le câble et le satellite, et les parcs à thème. Ils doivent trouver de nouveaux moyens attractifs pour délivrer un enseignement face aux médias que les visiteurs ont déjà largement éprouvés.

© Jurassic Park Tour : le divertissement au service de l'apprentissage.
Jurassic Park Tour : le divertissement au service de l'apprentissage.
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Tokyo Disney Sea Symphony.



S.B : Combien de temps a-t-il fallu pour donner vie à ce spectacle ?



F.B : L'aventure a durée plus de 10 ans mais mon implication a commencé lors de la mise en place sur le site de TDS pour une durée de 8 mois. Cliff Warner, un autre « Thinkwellien » a été impliqué dans la mise en marche et le développement du projet.

S.B : Quel était votre rôle principal concernant ce spectacle ?



F.B : Mon rôle étais relié à la sonorisation et à la programmation des systèmes de diffusion sonore pour la majorité des spectacles « live » La difficulté est de garder une certaine constance de spectacle en spectacle alors qu'il y a toujours un ou deux éléments qui ne peuvent êtres préprogrammés (les acteurs et les techniciens.) Par contre, c'est ce « problème » qui rend les spectacles intéressants et différents à chaque visite.

S.B : Nous pourrions imaginer que les Imagineers de chez Disney (les créatifs) font le même travail que vous... quel était alors votre rôle dans cette opération ?



F.B : Mon implication de base chez TDS était purement technique. Thinkwell est une compagnie capable de création et de production mais nous n'hésitons pas à séparer les différents processus pour mieux répondre aux besoins de nos clients et amis. Certaines firmes nous utilisent pour nos services de conceptions, d'autres pour nos services de production, mais la majorité nous utilisent pour un service « Clé en main». Notre implication va généralement du concept jusqu'à l'ouverture, via le « brainstorming, » le développement du concept, développement du design, l'ingénierie, la construction, le training, le « soft-opening » et parfois même la maintenance, l'assurance de la qualité et les «media updates»

S.B : Pour vous, à quoi pourrait ressembler l'attraction du futur ?



C.H : Une attraction qui changerait selon les désirs du visiteur, qui pourrait être mise à jour chaque année, et qui s'adapterait automatiquement au niveau de sensibilité et de frayeur du passager.... ça serait réellement excellent !

S.B : Y a-t-il une règle que vous vous efforcez de respecter en créant toute attraction ?



C.H : Toujours, toujours, toujours dépasser les attentes des visiteurs.

Interview réalisée par
Simon Bourlet




Site officiel de Thinkwell Design : www.thinkwelldesign.com

Les photos ont été reproduites avec autorisation et restent la propriété de Thinkwell et de ses contractants.
Disney, Universal, Men In Black, Jurassic Park, Port Aventura, Nike, Coca et le Cirque du Soleil sont des noms déposés.


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