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RANDY THORNTON OU LA MAGIE DES PARCS DISNEY




Randy Thornton est l'un des producteurs les plus prolifiques et les plus passionnés de Walt Disney Records. Historien de la musique Disney, on lui doit notamment les restaurations des plus grandes partitions de la maison de Mickey, de BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS en 1993 à PETER PAN en 1998, en passant par MARY POPPINS en 1997. Toujours avide de rendre justice aux chefs-d'oeuvre du passé afin qu'ils ne tombent jamais dans l'oubli, il est également à l'origine de la Disney's Archive Collection (1998), réunissant les enregistrements des plus grands artistes Disney, de Burl Ives à Hayley Mills. Il entreprend aujourd'hui un vaste chantier de restauration des chansons - et des musiques - des parcs Disney pour notre plus grand bonheur.
Passion, respect et générosité.

Dreams To Dreams :

Avant toute chose, nous voudrions vous remercier pour tous les enregistrements de musiques de Disney que vous avez restaurées tant en matière de films que d'attractions. On sent vraiment votre amour pour cette musique à travers votre travail.




Randy Thornton : Merci. Bien qu'il n'ait eu aucune formation musicale, Walt Disney avait une conscience incroyablement aiguë de l'importance de la musique et il a fixé des normes qui sont encore suivies aujourd'hui. Je considère comme un honneur de restaurer ces partitions et de faire un travail en rapport avec ces musiques. C'était une grande tristesse que de voir que toutes ces musiques n'étaient pas commercialisées et je pousse toujours afin qu'il y en ait toujours plus.

D.T.D :

Comment a débuté votre travail dans ce domaine ?



R.T : Quand j'ai commencé à travailler sur la restauration des enregistrements des musiques de Disney, je me suis rendu compte qu'une grande quantité de matériel n'existait plus, des éléments éclatés étaient issus de sources différentes, et ce que l'on éditait était en fait le résultat de multiples copies. J'ai donc rassemblé toutes les sources en les numérisant, et j'ai pu ainsi les remonter, les coordonner et les réparer. J'ai toujours désiré que ces enregistrement soient de véritables expériences sonores. Pour les films, je voulais que, lorsqu'on met le Cd dans le lecteur, on soit vraiment transporté dans le monde du film par le son. En fait, j'ai grandi avec des bandes-son, parce que, évidemment, il n'y avait pas de cassette vidéo à cette époque et le seul moyen de revivre le film était à travers sa musique. C'est pourquoi je m'y suis intéressé tout particulièrement. En fait, je voulais devenir compositeur de musique de films et j'ai travaillé au Art Center College of Design pendant quelques temps, au département de musique de films, et j'ai écrit quelques partitions pour les films des étudiants. Mais j'ai toujours conservé mon intérêt pour les bandes-son et lorsque j'ai eu l'opportunité de travailler ici, à Walt Disney Records, je me suis aperçu que peu de choses avaient été faites en ce domaine. Seules les chansons étaient éditées, alors que je pense que la partition est tout aussi importante. Toute la profession est maintenant folle des bandes-son aujourd'hui, mais ils les conçoivent comme des albums pop: ils veulent juste mettre les chansons et oublient la partition qui accompagne les films, même si certains y font figurer une toute petite partie de la partition. Je pense qu'il est très important d'inclure la partition car sinon les enfants ne pourraient pas connaître la musique orchestrale. Mais ici, nous incluons la musique des films auxquels ils sont attachés et cela leur ouvre les portes de toute une culture par la même occasion.


D.T.D :

Puis vous êtes passé des films aux parcs Disney.




R.T : J'ai tout simplement appliqué ce type de technique aux albums consacrés aux parcs Disney, sachant que tout n'a pas besoin d'être restauré. Je n'ai jamais été satisfait de la façon dont les musiques étaient présentées auparavant dans les albums officiels des parcs, en particulier celles des Pirates des Caraïbes et de la Haunted Mansion. Leur chanson ne dure qu'une minute et c'est tout ce qui figurait sur les albums. Je vou lais que, lorsqu'on met le CD, la magie de la musique nous fasse revivre le parcours de l'attraction. Mais il faut bien ajouter que, lorsque les premiers albums sont sortis, la technologie permettant de rassembler toutes les musiques d'une attraction n'était pas encore là. A l'époque des "multitracks", c'était difficile de tout coordonner. Maintenant, je n'ai qu'à entrer ces musiques dans mon ordinateur. Tout est plus facile, plus souple qu'avant.

D.T.D :

Votre premier album consacré à la musique d'un parc fut l'album officiel du Millenium de Walt Disney World.



R.T : En effet. Quand je suis arrivé sur ce nouveau projet, j'ai eu l'opportunité d'y faire figurer des éléments actualisés ou des musiques qui n'avaient jamais été publiées auparavant. Pour cette première expérience, j'ai plutôt privilégié des pièces inédites. J'ai entamé des recherches notamment sur la musique d'Impressions de France, j'ai donc rassemblé toute la musique et créé une sorte d'ouverture avec tous les thèmes utilisés dans l'attraction. Il en manque certains, mais j'ai essayé d'en garder le plus possible. C'est une piste d'environ dix minutes ! Je suis revenu l'année suivante sur Small World, j'ai remonté la version de 1964 en essayant de faire figurer le plus de langues que je pouvais dans un minimum d'espace. Je ne pouvais mettre qu'un échantillon de l'attraction. Je sais que cette version n'est pas parfaite, mais on doit faire avec les budgets. Si cela ne tenais qu'à moi, je produirait toute la musique de cette attraction, tout le parcours. J'espère que je pourrais le faire un jour !

D.T.D :

A l'écoute de votre dernier album, DISNEYLAND RESORT - THE OFFICIAL ALBUM, on sent vraiment vous y avez mis tout votre coeur.



R.T : J'ai grandi avec Disneyland. Mon coeur commençait à battre la chamade dès que j'apercevais le Matterhorn depuis l'autoroute. Et lorsque j'arrivais dans le parc, et que j'entendais l'annonce de l'ouverture, je savais que j'étais vraiment à Disneyland. J'ai voulu commencer à partir de cette annonce afin de conduire les gens dans le parc. Jusqu'à cette époque, les gens passaient de royaume en royaume, et à Walt Disney World, ils allaient de parc en parc sans trop savoir pourquoi - ce que je faisais aussi quand j'allais à Disneyland -, au lieu de parcourir le parc dans le sens des aiguilles d'une montre, visitant à fond chaque royaume avant d'en découvrir un autre, mais il faut bien se rendre compte que chaque attraction est construite dans un royaume en rapport avec son thème, et chaque musique possède aussi son propre thème. J'ai donc mis chaque groupe thématique ensemble de manière à avoir un véritable déroulement sur l'album lui-même. J'ai remixé la musique de The Enchanted Tiki Room avec Bob et Dick Sherman pour leur album il y a onze ans. J'avais déjà cette piste restaurée. En plus, il y a environ six ans, on m'a demandé de produire un album "sing-along" sur les musiques des parcs et c'est à ce moment que tout le monde ici a réalisé que Yo Ho et Grim Grinning Ghosts ne durait qu'une minute. On m'a donc demandé d'aller en studio pour les rallonger, essayer de faire jouer les chansons en boucle trois fois, de façon à faire une piste plus substantielle. Je suis donc aller chez Walt Disney Imagineering et j'ai transféré toutes les pistes, parce que je me disais que c'est maintenant le moment de créer la piste dont j'ai toujours rêvé en y incluant le Ghost Host et la musique du bal. La plupart des gens pensent qu'il suffit d'aller dans un studio, de rassembler des pistes, et ça fait un disque. Dans le cas des Pirates et de Haunted Mansion, chaque cycle musical dans chacune des salles dure seulement une minute. Mais, dans le cas de la Haunted Mansion, si chaque piste dure une minute, le parcours complet compte entre quarante-huit et cinquante pistes, car tout arrive en même temps ! J'ai donc tout repris de zéro, j'ai séparé tous les éléments, je les ait réorganisés de façon linéaire et j'ai construit le disque à partir de là. J'ai fait la même chose pour Splash Mountain. Les versions Di sneyland et Walt Disney World de cette attraction sont très différentes. C'est la même chanson, mais certaines paroles ont été changées. Celle de Disneyland est plus proche de la chanson originale de MELODIE DU SUD. J'ai beaucoup aimé rassembler tous ces éléments, c'est comme un puzzle, si ce n'est que, parfois, on doit créer ses propres pièces.

D.T.D :

Que pensez-vous des musiques de notre parc à nous, Disneyland Paris ?



R.T : J'aimerais beaucoup produire un album sur les musiques de Disneyland Paris. Il y a deux ou trois ans, j'ai rassemblé un coffret pour les Disney Stores américains appelé 75 YEARS OF MUSIC AND MEMORIES pour lequel je voulais utiliser De La Terre A La Lune de Steve Bramson. J'avais prévu quelque chose de chronologique retraçant le parcours dans l'attraction, mais je n'ai pu avoir l'autorisation légale à temps (je l'ai eu trois jours après la date limite !) et j'ai dû me rabattre sur la musique du Space Mountain de Disneyland. Beaucoup de personnes ont été déçues car ils voulaient vraiment De La Terre A La Lune.

D.T.D :

Quels sont vos projets ?



R.T : J'aimerais beaucoup produire un coffret avec les musiques de tous les parcs. Au lieu de ressortir sans cesse les mêmes choses, nous pourrions produire les musiques des attractions actuelles, mais aussi passées, avec des musiques de Paris et de Tokyo et en faire l'ultime coffret des musiques de parcs. La plupart des albums sont conçus comme de simples souvenirs. On pense que c'est le fait d'être l'album officiel d'un parc qui le ferait vendre. Je ne suis pas d'accord. Je pense que le contenu est bien plus important que le titre de l'album. J'espère bien parvenir à produire tout ça. C'est de la très belle musique et elle le mérite. On aime une chanson pour de très nombreuses raisons, pour la mélodie, parce qu'elle vous rappelle des souvenirs, ou qu'elle vous permet de vous sentir bien, tout simplement. Les albums ne sont vendus que dans les parcs par contrat avec ces derniers. Il est vrai qu'on peut les commander par correspondance, mais je pense qu'ils devraient être commercialisés de façon plus large. Dans la mesure où nous sommes maintenant Walt Disney Records Worldwide, j'ai proposé que nous aidions Tokyo pour leur album officiel, avec des éléments sur lesquels j'ai déjà travaillé. Par exemple, on pourrait faire une version correcte de la musique de la Haunted Mansion. Nous avons tous les "multitracks" et il suffirait de remplacer le texte anglais par sa version japonaise. J'ai dernièrement travaillé sur la musique de Star Tour pour le dernier album de Disneyland. Je suis parti de la bande son des scènes que l'on peut voir lorsqu'on fait la queue, pour aller vers celle du simulateur. Il y a quatre bandes son différentes au début de cette attraction et j'ai donc créé deux versions différentes avec deux débuts différents, l'un pour le prochain album de DisneyWorld, que j'ai aussi proposé à Tokyo, l'autre pour Disneyland Paris, s'ils veulent faire un album. J'adorerait y participer car - c'est très égoïste - c'est un album que, personnellement, j'aimerais vraiment avoir ! J'ai contacté Disney Europe et Walt Disney Records Europe à ce sujet et j'attends leur réponse.

D.T.D :

Elargir la vente de ces albums au monde entier serait également une bonne opération en termes commerciaux et en termes de promotion des différents parcs.



R.T : Ce serait intéressant de vendre des albums de Tokyo et de Paris aux Etats Unis. L'une des premières choses que j'ai entendues venant du Japon fut Country Bear Jamboree en japonais. Je connais ces chansons en anglais, mais les entendre en japonais, c'était comme les redécouvrir. Cela permettrait également aux américains de réaliser qu'il existe d'autres peuples sur la planète !


D.T.D :

Quels sont vos compositeurs préférés ?



R.T : Bruce Broughton est un très grand compositeur. Il a beaucoup fait pour Disney, BERNARD ET BIANCA AU PAYS DES KANGOUROUS, et les deux remakes de L'INCROYABLE RANDONNEE. Il a notamment réalisé (avec George Wilki ns - JN) l'arrangement de It's Tough To Be A Bug. C'est l'un de mes compositeurs préférés, tout comme John Williams, dont seules deux partitions ont été utilisées à Disneyland, INDIANA JONES et STAR WARS bien sûr.


D.T.D :

On vous sent très proche des compositeurs.



R.T : Beaucoup de gens oublient les compositeurs et tous les gens qui ont mis tout leur cœur et toute leur âme dans leur création. J'ai un grand respect pour ces compositeurs et j'ai la chance de m'être fait des amis d'un certain nombre d'entre eux. Je ressens comme une responsabilité, vis-à-vis d'eux qui nous donnent tant, de rendre pleinement justice à leurs oeuvres.

Remerciements particuliers à Anne Thareau (Walt Disney Parks and Resorts), Randy Thornton et Ted Kryczko (Walt Disney Records).


Jérémie Noyer


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