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EAS 2008 : Sous le soleil exactement.
L'EuroAttractionShow, grande messe internationale du divertissement attire chaque année plus de 200 exposants et plusieurs milliers de visiteurs. Tendances, nouveautés en matière d'attractions, de décorations, et de spectacles, tout est bon à observer et à écouter au détour des allées. Cette année, le salon avait une ambiance plus particulière, puisque c'est en France, à Nice, que s'est déroulée cette nouvelle édition en janvier dernier. Beaucoup d'exposants français, des nouveaux comme des habitués étaient présents. Visite guidée. -

Un échauffement avant Munich.



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Cette année marquait un nouveau tournant pour le salon EuroAmusement Show (EAS). Il s'agissait de la première édition entièrement organisée sous drapeau américain de l'IAAPA, Association Internationale des Parcs de Loisirs et d'Attractions. Créée par l'EAASI, association européenne des fabricants d'attractions, le salon est baptisé EuroAmusement Show et a lieu pour la première fois en 2003 à Gène, en Italie. Un an plus tard, l'EAASI revend 50% de ses parts à l'IAAPA. Ce dernier renomme le salon EuroAttractionsShow dès 2004. En novembre 2007, l'EAASI lui revend ses parts restantes. Bien que le nouveau propriétaire soit américain, le comité d'organisation du salon reste uniquement composé de membres européens. Emmanuel Mongon, directeur de la société française Imaginvest et membre du comité d'organisation de l'EAS, nous précise que le salon n'a finalement pas été bouleversé par ce changement : «Le show de Nice a été organisé exactement de la même manière et avec les mêmes équipes qu'avant. Karen Staley est notre directeur du salon depuis le début, lorsque j'ai été nommé Président de EAS.
La vente des parts d'EAASI n'a pas eu d'autre influence, les membres du Comité organisateur venant de EAASI restant toujours au Comité. D'ailleurs, depuis Nice, plus aucun membre du Comité organisateur n'est américain. Roland Mack (Europapark) a rejoint le Comité. Et Mats Wedin (Liseberg) est mon successeur.
»

Le Palais Acropolis, au coeur du centre-ville de Nice accueillait ses premiers visiteurs un peu avant 11 heures le matin. Comme chaque année, le salon est divisé en 2 parties: le hall intérieur abrite les stands et les conférences thématiques, tandis que le parvis extérieur est parsemé d'attractions transportables en démonstration.

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Sur plus de 7.800 m², 247 sociétés ont exposé leurs nouveautés et leur savoir-faire. En 3 jours d'exposition, 5.000 visiteurs ont défilé, soit 2.000 personnes de moins que la précédente édition espagnole à Séville. La raison certainement à un dédoublement du salon cette année: une deuxième édition aura lieu à Munich, fin septembre 2008, lors de l'Oktoberfest (Fête de la Bière). Conséquences: beaucoup de grands constructeurs se sont déplacés, mais avec des stands très petits, voire minimalistes. D'autres encore n'ont même pas exposé: l'allemand Gerstlauer, qui a préféré l'édition munichoise, les suisses B&M traditionnellement moins intéressés par le marché européen, et les italiens Bertazzon. La fréquentation devrait donc se reporter sur l'EuroAmusement Show de Munich. Emmanuel Mongon ajoute que «la fréquentation était budgétée basse et, comme l'ont constaté l'ensemble des participants, le salon était bien visité. Le salon de Munich était intégré dès le départ et faisait partie de notre risque pris en décidant que le changement de date (passer de fin janvier à fin septembre) se ferait sur 8 mois et non pas sur 20 mois.»

Des stands petits mais variés.



Cette année, le salon a satisfait une grande majorité de professionnels présents, aussi bien exposants que visiteurs. «C'est la première année que nous exposons à l'EAS. Nous sommes habitués des salons liés à l'événementiel et au monde du spectacle, mais nous sommes étonnés par la qualité des contacts que nous avons pris ici.» nous confient Jean-Yves et Nathalie Pizzini de la société française Universal Effects, spécialisée dans la conception et la vente de machines d'effets spéciaux.

Concernant les tendances de ventes, les regards se tournent résolument vers l'Asie et le Moyen-Orient où au total, plus d'une trentaine de nouveaux sites de divertissement sont en cours de construction. Ils représentent un marché d'une centaine d'attractions à fournir pour les deux prochaines années au moins.

La société française Harmatan livrera 2 des nouvelles animation du Nouveau Vulcania en Auvergne: Le jardin d'eau, grande aire de jeux aquatiques dominée par un geyser de 20 mètres complètera une offre extérieure encore peu développée à Vulcania, tandis que le cinéma 4D Dragon Ride offrira une plongée dynamique avec effets spéciaux (chaleur, vent, lumière) dans le monde des dragons. Harmatan partageait son stand avec la société canadienne Triotech Amusement, créatrice des sièges dynamiques qui équiperont cette nouvelle attraction. www.harmatan.com

Jardin d'eau à Vulcania.
Jardin d'eau à Vulcania.
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© Cinéma 4D Dragon Ride...
Cinéma 4D Dragon Ride...
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...par la société québecoise Triotech.
...par la société québecoise Triotech.
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Splash Battle Mack à Dollywood (US).
Splash Battle Mack à Dollywood (US).
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La moitié des nouvelles attractions de l'allemand Mack Rides sera produite pour le marché asiatique. Trois interactive boat-ride sont actuellement en cours de fabrication pour Alton Towers (UK), Legoland Billund (DK), et Dollywood (US). Le futur Lego Discovery Centre à Duisburg en Allemagne recevra une wild-mouse du constructeur allemand, tandis que Gröna Lund (S) inaugurera un manège classique de tasses tournantes. Mack Rides construit également un dark-ride interactif «endless» pour le parc italien Mirabilandia. ChimeLong Paradise, le plus grand parc de loisirs chinois actuellement, recevra 5 nouvelles attractions: un flume ride, un rafting, une montagne russe pour enfants Youngstar, un water-coaster, et un SuperSplash. www.mack-rides.de

Splash Battle tracté de Preston & Barbieri (IT).
Splash Battle tracté de Preston & Barbieri (IT).
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L'italien Preston&Barbieri présentait sur son stand le modèletracté de son bateau «bataille aquatique» inauguré l'an passé à Gardaland en Italie. Deux nouveaux modèles seront livrés à Bakken (DK) et à Bobbejaanland (B). www.barbieri-rides.comL'allemand Hafema, spécialiste des attractions aquatiques, a un carnet de commandes bien rempli pour 2008. Le Columbus Zoo dans l'Ohio recevra une rivière rapide jalonnée par 2 ascenseurs et un splash final, le tout intégré dans une nouvelle zone thématique. Une autre installation «hybride» ira au parc Fuji-Kyu au Japon: mélange de raft et de flume-ride, des bateaux circulaires de 4 places dévaleront 3 zones de rapides, 1 siphon de 10 mètres de dénivelé, et un camelback de 3 mètres de hauteur. www.hafema.de



L'italien Zamperla (qui a réalisé l'année dernière un chiffre d'affaire de 50 millions d'euros) présentait une maquette et un bateau de son attraction HydroLift: deux ascenseurs transportent les embarcations à 13 mètres de hauteur pour atteindre un rythme soutenu de 800 personnes par heure. Première ouverture l'année dernière en Espagne. Zamperla livrera ses nouveaux modèles de Motocoasters aux Etats-Unis à Knotts Berry Farm (381 m, 65 km/h en lancement propulsé), Xetulul Park au Guatemala et à Darien Lake (US).
Récemment Zamperla et un groupe d'investisseurs régionaux ont racheté le parc Mini-Italie près de Milan. Il réouvrira sous le nom de Leolandia, avec bien entendu, de nouvelles attractions issues des usines du fabricant. www.zamperla.com

Raft-ride Zamperla, 2 tours de lift.
Raft-ride Zamperla, 2 tours de lift.
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Bouée de raft-ride.
Bouée de raft-ride.
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Stand Zamperla, au premier plan le Motorbike.
Stand Zamperla, au premier plan le Motorbike.
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Nouvelle attraction, le Koloblok.
Nouvelle attraction, le Koloblok.
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Nouvelle attraction, le Koloblok.Le constructeur néerlandais Vekoma construit actuellement 2 nouvelles montagnes russes pour le parc Happy Valley de Chengduen Chine : un train de la mine, et un Suspended Looping Coaster. Son investissement dans une nouvelle usine chinoise de montage semble porter ses fruits, puisque 2 nouvelles montagnes russes pour la Chine sont déjà dans le carnet de commande du constructeur. Gardaland (IT) reçoit également un train de la mine pour 2008, au même titre que Terra Mitica en Espagne pour 2009. Toujours en Espagne, Tibidabo accueillera une montagne russe familiale littéralement accrochée à la colline de ce parc historique célèbre. www.vekoma.com

Nouveau modèle flying coaster Stingray.
Nouveau modèle flying coaster Stingray.
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Nouveau modèle spinning-coaster.
Nouveau modèle spinning-coaster.
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Le constructeur suisse Intamin poursuit la vente de son Zac Spin Coaster couronné en 2007 par la récompense IAAPA du «meilleur nouveau produit». Un modèleMegaLight Coaster (montagne russe propulsée) ouvre en 2008 à Djurs Sommerland (Finlande), et dans 2 parcs en Chine et au Japon. Nouvelle montagne russe "train de la mine" encore pour le marché chinois à Happy Valley Shangai. Les parcs Happy Valley Chengdu et Shanghai se verront équiper d'une tour panoramique de type "Flying Islands". Un Rocket Coaster verra le jour en Italie en 2009, dans un parc dont le nom n'a pas encore été dévoilé. (probablement Terra Magica, actuellement en construction).www.intamin.ch

Maquette Omega Ride.
Maquette Omega Ride.
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La société française Loftus termine la livraison de son OmegaRide pour le parc Vulcania dans le Massif central. Véritable attraction panoramique, les véhicules guidés par système GPS circuleront au coeur de reproductions des volcans d'Auvergne. Loftus a également remporté l'appel d'offre pour la construction d'un parc à thème en Turquie, d'un investissement total de 10 millions d'euros. www.loftus.frSoquet installera deux de ses nouveaux raft-rides en 2008 à Didiland (Bas-Rhin) et à Dennlys Parc (Nord). Walygator Parc près de Metz s'équipera d'une attraction de type "Chevaux galopants" de ce même constructeur. www.soquet-rides.com

Rollercoaster.
Rollercoaster.
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Bouée de raft-ride.
Bouée de raft-ride.
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La société française Art & Design, représentée par son directeur Frédéric Bouvard, réalise la thématisation d'une attraction "Dora l'Exploratrice" et complète les décors de la zone Bob L'Eponge Raft Ride à Movie Park en Allemagne. Art & Design exposait un pan de décor tout droit venu d'Ocean Park en Chine et un Walibi Pirate, généreusement prêté par Walibi Rhône-Alpes pour l'occasion. www.theme-it.eu

Un des nombreux décors réalisés par Art & Design... © ...et un Walibi Pirate échappé de Walibi Rhône Alpes ©


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La société française de masterplanning Imaginvest exposait également cette année. Elle vient de finaliser deux missions pour la Tour Eiffel -marketing et file d'attente-, et termine l'ingénierie de projet d'une montagne russe en bois à Tripsdrill en Allemagne. www.imaginvest.fr

La société madrilène TAA Industries exposait un monstre impressionnant à l'entrée des allées du salon. TAA sera en charge de la thématisation des 3 500 m² du nouveau Legoland Discovery Centre qui ouvrira en mai prochain à Duisburg, en Allemagne. Les effets d'eau qui agrémenteront le parcours du rollercoaster de ce parc-indoor seront réalisés par cette même société. www.taaindustries.com

Et aussi ...



Concept de Splash Battle George de la Jungle chez 3DBA (B) pour Parque Warner (E).
Concept de Splash Battle George de la Jungle chez 3DBA (B) pour Parque Warner (E).
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Lift de rollercoaster grande roue chez Premier Ride (US), ouvre aux USA.
Lift de rollercoaster grande roue chez Premier Ride (US), ouvre aux USA.
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King Kong chez Huss (D), ouvre en 2008 à Bobbejaanland (B).
King Kong chez Huss (D), ouvre en 2008 à Bobbejaanland (B).
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Train de rollercoaster Cobra chez Pax (Russie), aurait du ouvrir en Suisse en 2007.
Train de rollercoaster Cobra chez Pax (Russie), aurait du ouvrir en Suisse en 2007.
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Spinning Coaster chez SBF (IT).
Spinning Coaster chez SBF (IT).
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Débat autour de la "copie d'attraction".



Qu'on se le dise, la copie envahit également le marché des attractions ! Les fabricants les plus prolifiques en la matière viennent d'Asie, plus particulièrement de Chine. Le constructeur SBL, implanté à Pékin, a développé des modèles largement inspirés (pompés ? tout le débat est là...) par des attractions à succès venues d'Europe comme le Suspended Looping Coaster du fabricant néerlandais Vekoma, et le Disko Coaster de l'italien Zamperla par exemple. Même si la culture chinoise classe la copie au rang d'un art difficile et honorant pour le "copié", la pratique agace du côté des constructeurs européens.

Les membres de l'association européenne des constructeurs d'attractions EAASI pourraient, dans le futur, ne plus participer à l'organisation d'un certain nombre de salons professionnels, si les organisateurs ne prennent pas de mesures en vue d'exclure des fabricants qui copient de façon flagrante des modèles d'attractions déjà existants.

Gianni Chiari, secrétaire principal de l'association EAASI, explique les raisons d'une telle action : "Nous investissons énormément d'énergie et de ressources dans la recherche et la qualité pour garantir des technologies innovantes et sûres dans notre industrie. Le savoir-faire que nous avons accumulé depuis plus d'un siècle représente notre réel capital. Nous ne pouvons pas et nous n'accepterons pas la compétition sauvage qui casse les règles et compromet notre travail et son futur. Nous croyons à un code éthique, même si souvent il n'est jamais retranscrit dans un système légal. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires au sein de l'Union Européenne pour utiliser les instruments législatifs existants et créer de nouvelles règles qui défendront nos droits. Nos membres étudient la possibilité de ne plus participer aux événements qui encouragent ou qui ne rejettent pas ce type de compétition sans règle."

Paradoxalement, avec l'explosion du marché des parcs en Chine, certains constructeurs européens confient la construction sur site de leurs attractions à leurs confrères chinois. Les conséquences sont parfois inattendues : Golden Horse, société chinoise qui pratique l'art de la copie a récemment déclaré avoir lui-même crée deux nouveautés du parc Chime Long : un rollercoaster Dive Machine produit par B&M (Suisse) et un Giant Frisbee fabriqué par Huss (Allemagne). Les contrat passés avec Golden Horse par ces deux entreprises concernés le montage des attractions, et bien évidemment pas leur fabrication.

En attendant, la copie -peu importe sa qualité- a le mérite de pousser les constructeurs européens à développer de nouveaux produits pour creuser de nouveaux marchés. Doit-on forcément s'en plaindre ?

Article réalisé et propos recueillis par


Simon Bourlet



Photographies : Jean-Luc Magnani, Simon Bourlet

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